Tirailleur fou, un bout de plomb entre les dents. Quelque part dans une cahute perdue dans les bois la fumée d'une cheminée s'élève, se mélangeant à la brume hivernale. Des peaux de bêtes sur le dos, il tire sur sa vieille pipe des bouffées de sérénité. Seul. La solitude plutôt que d'être entouré de mille corps. Seul. Et toujours aucune lassitude. L'air carnassier de ses traits s'est presque effacé, lueur de candeur au fond de ses iris délavés.
Jeune danseur de rue. Devant le fascinant théâtre, par des gestes lascifs entraîne le spectateur, dans un tourbillon de gestes et d'émotions. Blanche, d'une peinture blanche il a recouvert sa peau, laissant à découvert chaque parcelle de son dos. De dos, un visage inconnu mais un dos envoutant. Mouvements symétriques, asymétriques, harmonieux. Reins. La silhouette filiforme continue sa fantasmagorie, fascinante.
Photographe, du discernement à la confusion. Egarement des sens pour parvenir à la vision. L'½il collé à son viseur elle saisit chaque palpitation, avec la précision d'un métronome. Spectacle permanent, rien, rien n'échappe à son ½il acéré. D'une simple pression l'éphémère est capturé. Pris, le lion s'assagit. La beauté, véritable beauté surgit. Beauté macabre ou onirique. Ingestion de mélodies visuelles dans la chambre noire.