# Like a complete unknown

Je suis les autres.
# Like a complete unknown

# Posté le mercredi 17 décembre 2008 13:55

# You're the daylight ghost that creeps, you're the empty city streets.

# You’re the daylight ghost that creeps, you're the empty city streets.
Crache ta bile, clochard affamé car rien d'autre ne pourra sortir de ton estomac vide. Assis sur les pavés, de la boue sous tes ongles et une barbe de cinq jours, tu es bien pathétique. Tu croyais pouvoir courir plus vite que le monde? Mais le monde t'a bouffé mon pauvre rêveur. Crache, peste, vocifère contre ces passants qui ne t'adressent même pas un regard. Si tu te voyais pauvre utopiste. N'était-ce pas là que tu souhaitais vivre depuis toujours? Ne te souviens-tu donc pas de cette ville que tu louais à longueur de temps? Tu déclamais que tu sentais la ville, que tes pas se fondaient dans le pavé. Tu en connaissais tous les recoins et fumant d'un air supérieur tu criais à qui voulait l'entendre qu'elle t'avait apprivoisée, ou peut-être l'inverse. Assis sur les marches du musée tu tirais de ta poche ton carnet usé et tu la glorifiais, en vers. Tu te pensais poète et tu regrettais ce côté maudit qu'il te manquait. Maudit, ca tu ne l'étais pas. Charismatique à la limite, mais en rien maudit. Comme tu dois être heureux de ton sort finalement. Tu vis enfin avec elle, avec ta ville. Si tu n'avais pas tout abandonner pour l'écriture tu coulerais des jours heureux dans un cottage. Mais non, il fallait tu excèdes tes capacités. Certes tes vers rimaient et il arrivait qu'une ou deux fois une jeune donzelle verse une larme en t'entendant mais tu ne pouvais pas t'en contenter n'est-ce pas? Toujours plus haut, sombre fou. Mais les chimères t'ont abandonnées. Oyé oyé jeunes gens, venez assister à la décadence d'un troubadour moderne.
Effondre-toi dans le caniveau, tu n'es rien.

# Posté le samedi 20 décembre 2008 14:17

# Lazy butterfly napping on me, dreaming of the sky

# Lazy butterfly napping on me, dreaming of the sky
Un arrière goût acidulé dans la bouche et mes cernes qui commencent à s'effacer. Elles reviendront, aussi vite que l'insomnie qui me tiraille ou que les cauchemars qui me meurtrissent, mais pour l'instant mon cerveau a reçu une dose de morphine suffisante pour surpasser les tourments de mon subconscient. J'envoie valser mon vague à l'âme, qu'il se consume dans ma cheminée. Je chasse les bras livides qui me paraissaient si réconfortant , mais qui en vérité ne souhaitaient que m'enfermer dans les voilages de la médiocrité. Au vent. J'enfile mon manteau allégorique et m'insinue dans la cité onirique. Je tournoie à en avoir le vertige, la neige s'écrase sur mon visage dans un souffle. La lumière du lampadaire réchauffe mes mains usées et mes lèvres gercées. Moment d'euphorie éphémère. Mais le temps, fourbe, finit toujours par massacrer la moindre trace de beauté. Je sens déjà mes démons se rapprocher, mes pieds se figent et la lumière du lampadaire me brule l'iris. Mon sang se glace. Non, non, ils ne m'auront plus, je ne suis pas une proie facile à abattre. Je m'injecte une autre dose de morphine avant de m'écraser sur le sol, un sourire béat aux lèvres.

# Posté le dimanche 21 décembre 2008 11:58

Modifié le dimanche 21 décembre 2008 12:49

# When all the lights go out

# When all the lights go out
On ne produit rien à partir de rien. Le vide, le tyrannique vide au fond du ventre qui se fait ressentir dans chaque parcelle de peau enterre les moindres prémices d'inspiration. La réflexion se désengage et entre en hibernation. Rien ne pourra désormais empêcher le désert artistique. Les graines d'imagination restent enfermées dans le sol aride, sans réussir une percée à travers la terre. Cela aurait pu donner un magnifique saule pleureur, courbé par le poids de son génie ou un solide baobab ancré par son talent. Des amoureux rêveurs auraient pu se délecter à l'ombre de leurs feuillages. Mais la sève ne coulera jamais. Despotique vide. Potions ou philtres n'y changeront rien, nul ensorcellement ne possède assez de puissance pour briser un maléfice pareil. Alors mains liées il ne reste plus qu'à se présenter à l'échafaud, préférant se voir inerte qu' impuissant. Aberrations. Absorber, il faut absorber. Absorber des vers, des rimes, des scènes. Tout, jusqu'à s'en rendre malade.
Jusqu'à l'éclatement des sens.

# Posté le lundi 22 décembre 2008 12:55

Modifié le lundi 22 décembre 2008 15:26

# I'm not there

Tirailleur fou, un bout de plomb entre les dents. Quelque part dans une cahute perdue dans les bois la fumée d'une cheminée s'élève, se mélangeant à la brume hivernale. Des peaux de bêtes sur le dos, il tire sur sa vieille pipe des bouffées de sérénité. Seul. La solitude plutôt que d'être entouré de mille corps. Seul. Et toujours aucune lassitude. L'air carnassier de ses traits s'est presque effacé, lueur de candeur au fond de ses iris délavés.

Jeune danseur de rue. Devant le fascinant théâtre, par des gestes lascifs entraîne le spectateur, dans un tourbillon de gestes et d'émotions. Blanche, d'une peinture blanche il a recouvert sa peau, laissant à découvert chaque parcelle de son dos. De dos, un visage inconnu mais un dos envoutant. Mouvements symétriques, asymétriques, harmonieux. Reins. La silhouette filiforme continue sa fantasmagorie, fascinante.

Photographe, du discernement à la confusion. Egarement des sens pour parvenir à la vision. L'½il collé à son viseur elle saisit chaque palpitation, avec la précision d'un métronome. Spectacle permanent, rien, rien n'échappe à son ½il acéré. D'une simple pression l'éphémère est capturé. Pris, le lion s'assagit. La beauté, véritable beauté surgit. Beauté macabre ou onirique. Ingestion de mélodies visuelles dans la chambre noire.



# I'm not there

# Posté le jeudi 25 décembre 2008 07:26

Modifié le jeudi 25 décembre 2008 10:53